Le temps de cerveau c'est de l'argent

Et si la surabondance de contenus gratuits sur internet n'était pas un frein au développement du payant ?

En travaillant ces derniers jours sur la conception d’une série de formations courtes (un projet qui traîne depuis quelques mois dans ma todo mais que je suis en train de concrétiser pour finir de compléter mon offre), j’ai découvert récemment que le concept de micro-formations était très tendance en ce moment.

L’idée : produire des petits modules très courts (certains peuvent même durer moins d’une minute) mais structurés et qualitatifs, répondant à une problématique particulière, que les personnes intéressées peuvent suivre à la demande, en mode agile, et souvent, mobile. Le but étant d’obtenir une réponse précise à une question qui les bloque, par exemple dans l’utilisation d’un logiciel, comme “Comment faire un Rechercher-remplacer dans Excel ?”.

La question qui vient alors à l’esprit est de se demander pourquoi payer une formation, même quelques euros, alors que l’on trouve des centaines de tutos gratuits sur internet.

Je crois que la réponse est dans la question. Le fait de proposer en formation payante ce que des centaines de tutoriels font gratuitement apporte deux avantages cruciaux : le gain de temps et la réassurance.

Le gain de temps car cela évite de passer de longs moments à se noyer dans une recherche sur Google ou YouTube sans savoir quelle est la meilleure réponse, et la réassurance car le fait de payer constitue en quelque sorte la garantie d’une solution ciblée, incarnée, et qualitative à la question que l’on se pose.

Nombreux sont ceux qui probablement préféreront payer 5 euros pour une micro-formation qui va leur faire gagner un temps précieux plutôt que s’embarquer dans une recherche hasardeuse sur internet pour obtenir un tuto gratuit au résultat parfois hasardeux.

Même si culturellement la pratique de payer pour du contenu ou des prestations intellectuelles a toujours un peu de mal à entrer dans les mœurs en France et dans les pays européens ou latins, le succès des formations - et des micro-formations - payantes démontre que les gens sont prêts à payer quelques euros pour éviter le bordel de Google et YouTube, sans parler du côté insupportable de certains tutos vidéo réalisés par des youtubeurs surexcités qui passent 5 minutes à faire la promo de leur chaîne (clique sur le pouce bleu frérot !) avant d’attaquer le sujet.

C’est peut-être aussi la même démarche qui fait que l’on s’abonne à Netflix plutôt que s’embêter à chercher des streams, ou à Spotify plutôt que perdre son temps et ses nerfs à trouver des mp3.

La surabondance gratuite c’est génial, mais cela a aussi ses limites. Celles de notre temps de cerveau, et de nos impératifs de productivité.


Télégrammes

Google continue à s’évertuer à vouloir notre bien, par exemple en se préoccupant de notre santé de piéton.

Mais du coup on ne va plus pouvoir se laisser guider par la grosse nouvelle version de Google Earth ?

C’est un serpent de mer depuis longtemps, mais Facebook s’apprête enfin à lancer Sparked, son service de speed-dating en visio. Miam tout plein de bonne data bien juteuse en plus.

Au passage rions un peu avec le Conseil de surveillance Facebook. Ah mais on me souffle dans l’oreillette que c’est très sérieux. Ah bon.

Cela étant, si tu cherches une nouvelle révolution dans le numérique, c’est plutôt du côté des cryptos que chez ce bon vieux Mark que tu vas la trouver, avec l’entrée en bourse de Coinbase par exemple.

Ou encore une fois dans le petit monde merveilleux des NFTs.

Ça y est, le player Spotify physique est arrivé, et il a l’air plutôt pas mal. Reste à voir s’il trouvera sa place dans nos voitures entre le smartphone et les différents systèmes embarqués, de plus en plus évolués et intégrant parfois déjà le service nativement (comme chez Tesla par exemple).

D’ailleurs, Spotify ne reste pas les deux pieds dans le même sabot, puisque le géant de la musique lance aussi son assistant vocal dédié.

À propos d’audio, Amazon Music se met aux podcasts, avec des programmes originaux, mais aussi des classiques comme Hondelatte Raconte, Le Cœur sur la Table, Choses à Savoir…

Toujours dans l’audio, on apprend que Microsoft fait dans la Nuance.

Et qu’Europe 1 va mal. Petit tip : avant de supprimer des emplois, supprimez un peu de pub, vous verrez, les auditeurs reviendront. Parce qu’à force de ne pas les écouter, ils ne vous écoutent plus.

Pendant ce temps, pour éviter que la preuve sociale ne tourne à la honte sociale, Instagram va modifier son système d’affichage des “like”. On sait déjà qui va les désactiver, et du coup le remède risque d’être pire que le mal, non ?

Côté électromobilité, Audi élargit sa gamme e-tron avec deux nouveaux modèles, quelques semaines seulement après avoir présenté la somptueuse e-tron GT.

Et Ford promet une voiture sans les mains plus forte que celles de Tesla.

Tandis que Mercedes lance officiellement sa EQS avec son incroyable tableau de bord-écran de verre tout-en-un.

On s’en fout on va pouvoir se fabriquer son petit hélico martien.


À la petite semaine

Bienvenue dans la cité apprenante

Le concept de Smart City est-il surcoté (ou survendu) ? C’est ce qu’ont voulu savoir deux étudiants français, qui sont partis vérifier sur place comment la digitalisation des services et l’intelligence étaient mises à profit par certaines villes. De Medellin à Singapour en passant par Toronto ou Helsinki, ce périple initiatique leur a permis de produire un rapport dans lequel le constat penche davantage vers le concept de “ville apprenante” que véritablement “intelligente”.

Life’s a Bitche

Si tu voulais une preuve de plus que les algorithmes des plateformes, ou en tout cas leur système de modération, sont parfois grotesques, et disons-le, complètement stupides, la voici. Le village de Bitche en Moselle (5000 âmes) a vu sa page supprimée de Facebook sans préavis. Je te laisse deviner pourquoi, c’est aussi simpliste qu’un modérateur de réseau social. Pour les moins aguerris, disons que “bitch” est le mot anglais pour “con***se” ou même “p***”. La page a été rétablie depuis. Et dire que c’est ce genre d’algorithmes qui dirigent le monde. Mais bon, I’m CEO, Bitche (désolé il fallait que je la fasse).

Tu pousses le bouchon un peu trop loin, la France

La France veut imposer aux plateformes de streaming étrangères (Netflix and co) de reverser une partie de leurs recettes, entre 20 et 25%, pour aider au financement de la création audiovisuelle locale. Problème, comme souvent en termes de règles communautaires, la France en rajoute toujours une bonne grosse couche bien grasse, car bien sûr il est de notoriété mondiale que nous sommes plus vertueux et intelligents que nos idiots de voisins. Et surtout, exceptionnellement culturels. Résultat, la Commission européenne émet certaines réserves sur les nouvelles règles que la France veut imposer aux acteurs du streaming vidéo. Une position qui s’explique (et se comprend) par le fait que le taux de contribution maximum n’excède pas 5% des recettes ailleurs en Europe.

Le fondateur d’Instagram en tongs

Connais-tu l’histoire d’Instagram, ou plutôt les petites histoires qui ont fait la légende de la première plateforme de partage de photos filtrées de l’univers ? Voici huit anecdotes (dont certaines n’en sont pas vraiment d’ailleurs) qui ont contribué au succès de l’application, des exigences du manager de Justin Bieber - qui ne les a pas écoutées - jusqu’au premier filtre mis au point par Kevin Systrom, son fondateur. Qui soit dit en passant porte de bien jolies tongs.

Les cookies en rupture de stocks

Sur internet, nous serons bientôt privés de cookies. Enfin, plus exactement, les sites internet, les plateformes et les publicitaires, bref, tous ceux qui vivent grassement de nos données de navigation en sachant tout de nos goûts personnels. Pour le meilleur ? Pas sûr. Pour compenser, Google et consorts travaillent sur la mise au point d’autres méthodes de traçage, plus anonymes, mais qui peuvent aussi poser question. Un point complet sur les « Federated Cohorts of Learning » (FLoC). La science de la donnée est vraiment un truc fascinant.

L’attaque des clones

WordPress est le système de gestion de contenu le plus utilisé dans le monde puisque près d’un site internet sur deux tourne dessus. Mais il n’est pas le seul sur le marché pour autant. Et la concurrence est parfois féroce. Témoin cette drôle de campagne marketing lancée récemment par Wix (à peine 3% du marché), qui attaque de façon un peu spécieuse WordPress en envoyant des messages bizarres à ses utilisateurs les plus connus, accompagnés d’un casque Bose en cadeau de bienvenue. Il semblerait que cette initiative un peu tordue se soit en partie retournée contre ses auteurs, selon le fondateur de WordPress lui-même.

Copywriting vs. content marketing

Le content marketing s’est imposé depuis quelques années comme l’un des solides piliers de la communication digitale des entreprises, et à mon avis nous n’en sommes qu’au début. Quand on parle de marketing ou de stratégie de contenus, on entend souvent parler aussi de copywriting, un terme familier en anglosaxonnie mais finalement assez obscur chez ceux qui ne sont pas de la partie, notamment en francophonie. Cet article très détaillé explique tout, et met en perspective les deux disciplines souvent complémentaires.

Les liaisons dangereuses

L’entrepreneuriat est très souvent un révélateur impitoyable des qualités et des failles de ceux qui s’y frottent. C’est encore plus marquant lorsque l’on a des associés (ce qui est le cas la plupart du temps). Certains y ont perdu des amis, voire se sont même brouillés avec des membres de leur famille. D’autres ont vu au contraire de solides complicités s’établir entre personnes qui se connaissaient peu au départ. Bref, il n’y a pas de recette miracle quand l’humain et l’argent sont deux données essentielles de l’équation, mais il n’est pas interdit de s’imposer quelques règles. Un témoignage intéressant des fondateurs de la start-up française Colonies, amis dans la vie, qui racontent leur aventure et livrent quelques conseils pour entreprendre sans mettre à mal ses liens amicaux.

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La bonne adresse

Comme nous l’avions déjà vu, Twitch ce ne sont pas que des gamers sous amphétamines qui shootent du zombie en direct live. La plateforme de streaming s’est largement ouverte à d’autres genres, comme entre autres la politique, puisque même Jean Castex y a fait récemment une apparition. Le site l’ADN fait notamment un focus sur la catégorie “Art” de Twitch, un havre de tranquillité qui montre des artistes en train de créer. Une section qui a quasiment doublé son nombre de vues en 2020, comme une parenthèse virtuelle bienfaisante à l’heure où nos journées sont encore rythmées par la pandémie. Dessin et art du manga, coloriage, arts graphiques sur Photoshop, l’espace foisonne de créatifs de tous horizons.


C'EST DÉJÀ FINI ? C’EST DÉJÀ FINI. À la semaine prochaine !