Je sais rien mais je dirai tout

Ou l'inverse.

Si tu n’es pas familier des méthodes qui prévalent dans la profession journalistique, il est un concept courant que tu viens peut-être juste de découvrir ces derniers jours, celui d’embargo.

Un embargo est un accord tacite (confiance) ou écrit (contrat) qui stipule qu’une information est fournie en avance à un média à condition qu’il ne la diffuse pas avant une date et une heure précise.

Ce truc - que d’aucuns jugent un peu foireux, voire d’un autre temps, voire tout simplement inadmissible - est assez courant dans le cas de marques qui préparent une annonce importante, et qui mettent quelques médias dans la confidence contre la promesse qu’ils ne publieront rien avant une conférence de presse, par exemple.

Si c’est courant dans la Tech (j’ai souvent signé et respecté des embargos, j’en ai craqué un une fois, involontairement) et que cela peut se justifier, c’est un peu plus délicat en matière de communication politique. C’est pourtant ce qui s’est passé avec les annonces de déconfinement d’Emmanuel Macron, réservées à la PQR (Presse Quotidienne Régionale, il faut tout te dire), qui devaient être publiées ce vendredi.

Pourquoi délicat ? Premièrement parce qu’il y a toujours un petit malin pour casser l’embargo et s’approprier le scoop, comme l’a fait très salement Europe 1 jeudi, ce qui met tous les confrères en position de stress, et accessoirement de perdre de l’audience. Mais aussi parce que cela donne la drôle d’impression que les médias sont aux ordres du pouvoir, et se muent en officines de communication de ce dernier.

Ce qui s’est passé ces deux jours a ému nombre de professionnels de la profession, mais cette émotion est toutefois quelque peu hypocrite, car la pratique est presque systématique. Comment crois-tu que les commentateurs politiques soient capables de sortir une analyse complète juste après le discours d’un président ou d’un ministre, à peine celui-ci terminé ?

Ben oui, généralement ils ont eu le script de l’allocution quelques heures avant par communiqué de presse. Sous embargo, donc.


Télégrammes

Bon voyage El Risitas, tu es sûrement à l’origine de mes plus gros fous rires sur internet, qui de toute façon t’a déjà rendu immortel depuis longtemps.

En guise d’échauffement, sache que dans un grand mouvement spontané de générosité partagée, Google et Facebook ont doublé leur bénéfice net en 2020. Les pandémies, quel bonheur !

Apple se prend une droite de Spotify, validée par la Commission européenne, qui accuse le géant américain de ne pas respecter les règles de la concurrence avec son service Apple Music.

Oulala, Instagram veut payer les créateurs (comprendre : gagner encore plus de fric sur le dos des plus gros comptes) ! En revanche, couper des campagnes de promotion en cours sans préavis ni explication ni réponse aux réclamations ne semble pas poser le moindre problème au fameux réseau “bienveillant”.

Facebook va faire pareil avec les journalistes en régions, en tout cas aux US pour commencer.

Twitter aussi veut nous filer du pognon (enfin, celui des autres), décidément quelle générosité d’un coup, n’en jetez plus !

À propos de Facebook, si ça te dit de bloquer ses traceurs de pub sur ton iPhone, voici comment faire. Just do it.

Dans le même registre, tu peux aussi confier à ton navigateur le soin d’anonymiser tes pérégrinations sur les internets, entre autres fonctionnalités.

Et si tu as vraiment le goût du risque, tu peux tenter ça. Bon courage on est avec toi, mais juste on te regarde, pour le moment.

Quant à Zoom, hop un pas de plus vers la reconstitution du réel, et c’est assez bluffant.

Ce qui inspire Telegram selon toute évidence.

“Si ça bouge, taxez-le. Si ça continue à bouger, régulez-le. Si ça s’arrête de bouger, subventionnez-le”, Saison 89, épisode 56. C’est amusant comme la concurrence est toujours “déloyale” pour quelqu’un.

Comment l’air circule dans un avion, et l’influence du système de ventilation dans la possible diffusion des virus, dans une superbe infographie 3D animée.

Bon, le New York Times n’est pas toujours aussi bon, je te rassure (spoiler : dans un article très “scientifique” paru il y a un an, il prévoyait l’arrivée d’un vaccin contre le Covid en… 2033).

Au fait, sais-tu qui est Josh ?

On s’en fout on va pouvoir enfin nager dans le vide.


À la petite semaine

Un mot vaut mille images

Je sais que je vais peut-être commencer à te saouler un peu avec mes sujets à répétition sur la fameuse émergence de l’audio mais bon c’est comme ça hein, on n’échappe pas à l’actu et aux tendances. Et du coup rien de tel qu’une petite étude pleine de bons chiffres bien moelleux à consommer sans modération pour se faire une idée plus concrète du phénomène qui fait qu’après s’être beaucoup regardés, on commence peut-être à s’écouter.

La carte n’est pas le territoire

Tu as aimé les deepfakes, tu vas adorer la deepfake geography, ou l’art de truquer et falsifier des cartes et images satellite pour induire en erreur de diverses manières, comme par exemple pour créer des infox sur des incendies de forêt ou des inondations, ou pour discréditer des articles basés sur de vraies images. Todd Myers, analyste à la National Geospatial-Intelligence Agency, a imaginé un scénario dans lequel les logiciels de planification militaire sont trompés par de fausses données qui montrent un pont à un emplacement incorrect, avec les conséquences tactiques que l’on peut imaginer en cas de conflit.

ADN is the new datacenter

Avec la demande exponentielle de stockage de données, il se pourrait que l’offre n’arrive plus à suivre et que nous nous retrouvions d’ici quelques années en pénurie. Sachant que l’ensemble des datacenters occupe déjà aujourd’hui l’équivalent de la surface de 25000 terrains de foot (ça en fait des roulades pour Neymar), il paraît nécessaire de se pencher sur d’autres méthodes. C’est là qu’intervient… l’ADN, et c’est fascinant.

L’influenceur des réseaux spatiaux

Si tu le suis sur Twitter ou Instagram, tu as probablement remarqué que Thomas Pesquet n’était pas avare en publications de photos et de posts divers. Un régal pour celles et ceux qui s’intéressent à la conquête spatiale, car l’astronaute français est un formidable vulgarisateur qui partage ses propres sensations sans tomber dans le piège d’un jargon trop technique. Mais au fait, comment fait-il pour accéder à internet et publier ses posts ? Y a-t-il un forfait “Espace” chez SFR ou une offre “Dans les étoiles” chez Orange ? Pas vraiment…

Le grand remplacement

Du fait du développement du télétravail et de la réduction des trajets en transports en commun, les Français disposent de moins de temps pour s’informer. Plus rapides, dans des formats plus courts que ceux proposés par les médias traditionnels, les réseaux sociaux s’imposent alors comme un résumé des informations capitales à connaître. Si nous privilégions encore ces derniers pour nous informer dans une relative confiance, l’accès à l’information se fait de plus en plus à travers les réseaux sociaux. Qui généralement, redirigent vers les vraies sources, pour autant que l’on soit disposé à faire l’effort d’aller les consulter.

Instagramemes

Tu savais que sur Instagram certaines personnes avaient de l’humour ? Moi non plus. C’est pourtant ce que semble démontrer cette petite collection de memes très drôles publiés sur l’application… et qui parlent de l’application (parce que quoi d’autre sinon ?). Si Insta se met à ressembler à Twitter maintenant, où va le monde ?

Les petits bras d’internet

“Un travail évalué en fonction du résultat, des caractéristiques de la tâche à effectuer, pas en fonction des études qu’on a faites, de notre couleur de peau, ou de notre genre. La valeur du travail ne devrait dépendre que de ce qu’on fait”. Un credo “idéal” qui anime probablement de nombreux travailleurs de la gig economy, cet écosystème des plateformes qui permet à chacun d’avoir une chance en toute indépendance. Mais cette liberté n’est-elle pas une illusion quand le patron est un algorithme ? Un long docu passionnant à voir sur Arte, qui pointe également le côté fake de certaines prétendues IA.

La bonne prise de Ford

Deux salles, deux ambiances. Suite au démarrage de la commercialisation de son premier modèle 100% électrique, la Mustang Mach-E, Ford constate que 70% des acheteurs de cette voiture sont de nouveaux clients qui n’avaient jamais possédé de Ford auparavant. Un signe des temps et d’une révolution en marche, les nouveaux clients qui franchissent le pas de l’électromobilité seront peut-être davantage motivés par les caractéristiques d’un modèle - notamment en termes d’impact environnemental - que par l’attachement à une marque ?

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La bonne adresse

Numériser de vieilles photos en les scannant ou en les photographiant avec son iPhone, tout le monde l’a probablement déjà fait, ou en tout cas s’y est essayé. Problème, nombre d’entre elles sont souvent en mauvais état, craquelées ou “rayées”, leur support papier n’ayant pas été épargné par les années. Pour les optimiser en supprimant toutes ces stigmates, un service comme Hotpot fait très bien le job. J’ai testé, le résultat est étonnant. Non seulement toutes les traces indésirables disparaissent, mais la qualité de la photo est améliorée aussi pendant le process (netteté, contraste, luminosité). Service web gratuit directement dans le navigateur, aucune installation d’app requise.


C'EST DÉJÀ FINI ? C’EST DÉJÀ FINI. À la semaine prochaine !